Le 13 mai, pour certains c'était l'Ascension, pour moi plutôt une descente. De profundis clamavi, dirait ce bon vieux camé de Baudelaire. Du fond de mon canapé de douleur (et pourtant je me suis étirée en mettant pied à terre), je médite sur ma chronique du jour.

fleurs

(et l'aut' qui se la ramène avec sa culture de lettreuse... pff...)

Je réfléchis à ce qui s'est passé tout à l'heure avec ce bon vieux noiraud et je me dis que finalement, je devrais pouvoir peut-être un jour ressembler à autre chose qu'un touriste en goguette, VOIRE être présentable sur un rectangle.

Aujourd'hui, j'ai eu droit à une camera-woman de choc, ma chère, très chère Marlène, qui était venue il y a 15 jours. Elle s'apprête à troquer sa bonne vieille Continental pour un désabricottage© en règle avec un tape-cul anglais, ses tiags contre ses Sergio Grasso, son Wrangler contre un collant de Superman, etc etc etc. Pour une fois c'est moi qui vais rigoler.

Trêve de digression (qui me fait quand même bien plaiz')

Leçon du jour : la place des jambes, le trot enlevé sans pédales, de l'usage latéral du bassin. Bref. T. détend le kéké, un peu trop kéké (ha ces trotteurs...) Après m'être hissée péniblement là-haut, avoir pris mes marques, on commence par du trot enlevé sans étriers. Révélation : le trot enlevé, c'est du trot assis. Ne pas chercher à s'enlever de la selle, surtout pas. C'est le jeu d'amortissement de la colonne, conjugué au serrage des cannes un temps sur deux, qui provoque le trot enlevé. Je m'applique à garder mes jambes en place, à maintenir mes omoplates fermés et mes coudes au corps. Les sensations commencent à venir, petit à petit. Si bien que j'ai voulu en faire trop, c'était le risque ; je me suis risquée à trop de trot, et j'ai persisté après avoir commencé à être déséquilibrée. Stupide que je suis! Evidemment, si y a une foulée qui merde, les suivantes peuvent pas être bien. J'ai transgressé la règle d'or, "bien, peu, mais souvent".

Vidéo part 1

On voit clairement sur mon trot enlevé que je cherche trop à lever mon gros pétard... Je force trop, j'en fais trop. Ah, j'espère que vous appréciez la séance de torture avec mise en place des pattounes... Ca fait mal. Très. Et vous avez entendu? J'en suis à ma 2e vraie séance, il m'en reste 12 pour être au top dans ma position selon Baucher... Mais nooooon j'ai pas la pression!

Part 2

Part 3

Donc, on a bossé le trot enlevé sans pédales. Mais à côté de ça, on venait tout juste de décortiquer et commenter la vidéo de la séance précédente, donc je m'appliquais non seulement à essayer de trotter enlevé en faisant des C avec des S, en reculant mon bas de jambe que je dois serrer en rentrant les pieds... Mais aussi à tenir les coudes au corps, serrer les omoplates, sortir la poitrine, tourner les épaules dans le sens du tournant et pas dans le sens contraire parce que ça crispe, c'est moche et ça sert à rien, tenir les rênes correctement, pas faire de la motobylette avec mes poignets... Argh. Je pense qu'un ou deux de mes neurones ont dû sauter, paix à leur âme.

Pour ne pas trop en faire, on a ensuite fait un autre exercice, qui s'appelle "fesse droite fesse gauche". J'ai des notions un peu... différentes de la droite et la gauche, donc j'avais un peu de mal à suivre le truc, mais voilà le concept - c'est tout con. "Ton bassin, il bouge d'avant en arrière pour accompagner le mouvement. Bon. Il peut aussi pivoter de droite et de gauche, quand tu tournes les épaules pour tourner ça doit venir du bassin en fait - paf un neurone - comme ça bam ça te place la jambe isolée, on est d'accord?" Euh oui. "Bon et ben après tout ça ton bassin il peut peser aussi latéralement, c'est ce qu'on appelle fesse droite fesse gauche. Ton cheval tu le déplaces par transfert de masses, c'est tout con. Tiens, application : tu tournes avec la fesse intérieure, puis sans toucher à rien tu pars en épaule en dedans en transférant juste ton poids sur la fesse extérieure."

Ghhhh... OK. Après quelques passages qui ne ressemblent à rien où je me tortille, j'arrive à faire quelque chose de vaguement approchant à une épaule en dedans ; enfin, j'arrive à la déclencher sur 3 foulées, mais après ça part en sucette évidemment, je comprends plus rien.

"Le dressage est un art abstrait" qu'il a dit Mister T. Tu m'étonnes toi!