pomme_de_terre1Hé ben le film ça sera toujours pas pour cette fois-ci, on a oublié la caméra. Enfin, de charger la batterie de la caméra, ce qui revient somme toute au même, puisqu'une caméra sans batterie c'est comme une patate à l'eau sans beurre salé : inutile.

Ce matin, pas de lapin, pas de chasseur, mais quelques gouttes normandisantes et une température fraîche qui nous font bien plaisir, à ma tête dans le sac et à moi-même. Ouais je suis pas trop du matin. Jaïr non plus, vu l'enthousiasme débordant qu'il a à me suivre depuis le champ jusqu'à l'écurie. Un pied devant l'autre, un pas après l'autre, mais surtout l'important c'est de décomposer. 8 ans plus tard (laçage des bottes Chârles de Nevêêêl n'est-ce pas!
y compris), on peut y aller.

Début de séance à pied, où T. m'explique le travail en main qu'on devrait faire systématiquement avant de monter puisqu'il permet de préparer la bouche, la nuque, l'encolure et même le dos (c'est ça les flexions de Baucher?). Au début donc, on décontracte la commissure en décrivant des petits cercles avec l'anneau du mors dans la main. Puis on demande au cheval de lever la tête (en tenant le mors à deux mains) pour lui ouvrir la nuque dans un premier temps - nuque qu'on demandera de fléchir ensuite, avec abaissement de la tête. C'est cet abaissement de la tête et l'arrondissement de l'encolure conséquent qui permet de faire monter le dos. Sur Jaïr, avec son dos tout mou, c'était flagrant. Puis on travaille les flexions latérales, d'abord en se plaçant à la tête, puis à l'épaule en tenant les rênes. Aujourd'hui il m'a tout montré, décomposé, expliqué, la prochaine fois j'essaierai ça.

En selle ensuite, on attaque aujourd'hui un travail sur le cheval - une première, jusqu'à présent on était concentré sur la cavalière exclusivement (moi, pour vous servir). L'idée, c'est que Jaïr a un sacré défaut physique. Avant d'être chez T. il a toujours été travaillé avec un placé très haut, mais sans dos tendu (pour faire un gros cliché pas si cliché que ça, à l'ibérique). Comme il a pas une morphologie facile facile, ça lui a pas du tout arrangé le dos qui est maintenant mou voire creux.

On commence au pas par les flexions de la dernière fois, que je commence à bien mieux maîtriser (surtout ne pas lâcher l'extérieur - se reporter au texte d'avant pour plus de précisions). Puis au trot, on le travaille en extension d'encolure dans un premier temps avec (un peu mais point trop n'en faut je vous rappelle que c'est le matin et qu'on n'est pas du matin) de l'impulsion, pour qu'il descende la tête et remonte le dos. Pour ce faire, on prend les rênes, et pouf on laisse la gravité attirer les avant-bras. Jaïr a tendance à s'enrouler, donc il faut veiller à doser la main pour pas qu'il le fasse MAIS qu'il reste en bas avec un contact constant quand même. Je me rends compte à ce moment-là que savoir rendre la main, c'est dur, et ayant le ressenti d'une chaussette à l'agonie, j'ai vraiment du mal à bien le faire. Soit il demande un peu de lâcher et je garde, soit je sens quand il demande mais je rends trop du coup je perds mon extension... Et puis cet exercice me monopolise complètement ma concentration, donc mes défauts reviennent au galop, et notamment celui de vouloir à chaque fois passer ma main intérieure par dessus le garrot à chaque tournant plutôt que de tourner mes épaules et passer mon poids à l'extérieur. Mais T. me le fait remarquer, alors je serre les dents et je m'applique. Il est possible que ça ait fini par ne plus ressembler à rien sur quelques foulées, sans pour autant ressembler à grand chose dans l'ensemble néanmoins... Mais bon, c'est le début de ce genre de travail, c'est normal. SE CONTENTER DE PEU, qu'ils disaient. OK, soit. On finit sur une révision du galop. J'ai toujours autant de mal à trouver ma place sur le tonneau - trottinette, j'ai énormément de mal à serrer correctement les jambes et donc à agir comme il faut. Par contre le fonctionnement dans l'allure au niveau du dos et du bassin, ça va mieux, j'arrive à utiliser mon haut du corps pour tourner (faut le dire vite, mais c'est un début quoi). Petit moment de solitude : Jaï me pète 2 coups de cul pour cause de mouche plate, je vais donc voir T., qui la vire et l'explose, et me dit de repartir en accompagnant Jaï d'une petite tape sur la croupe - geste qui n'a pas du tout plus au gris, me gratifiant ainsi d'un départ fulgurant alors que j'étais retournée pour voir l'exécution de la bête, rênes sur l'encolure. Ben j'ai pas tombé! Yé! Encore un ou deux petits départs, et on arrête là, Jaï a bien travaillé, moi aussi, mon dos malmené par la chiro aussi, stop ça suffit.

Note pour la prochaine séance : acheter du Tri-tec contre les bêbêtes ^^