coqAuVin"Le dressage, finalement, c'est comme apprendre à faire la cuisine. Tu commences par faire une salade avant de faire un coq au vin".

Je crois que cette phrase, ça résume bien la séance du jour. Très bonne, au demeurant ; je manque peut-être un peu de verve pour relever le défi de filer la métaphore culinaire tout du long (quoique, comparer le dialogue main/bouche à la saisie parfaite d'une côte de boeuf, ça tombe sous le sens : c'est une question de timing). Désolée pour la métaphore filée donc, mais cette phrase du Maître méritait une mise en exergue tellement qu'elle est belle. Bon, je suis sûre qu'aussitôt prononcée il l'avait déjà oubliée et il va me dire que j'affabule, mais non, Lorène est témoin.

Aujourd'hui, donc, on a retrouvé Petit Toons, avec sa tête de mec trop content d'aller bosser. Grande première, pour une fois, la détente est toute à moi. Il semblerait que désormais je sois à même de bien préparer mon cheval à travailler, à le détendre sans l'énerver (enfin sans m'énerver moi), à le mettre en marche, à sa place, correctement ; et que mon endurance à cheval commence à me permettre d'enquiller une VRAIE séance en gardant une position et un mental corrects de bout en bout. Bon par contre je suis à nouveau tordue, j'ai rencard chez ma chiro préférée dans 2 jours (j'ai une épaule plus haute que l'autre, appelez-moi Quasimodo) (en vrai le premier qui fait ça se prend un bourre-pif)

Donc, détente. Au pas, puis au trot (Toon ne galopant toujours pas, mais c'est pas important pour moi au stade de ma progression), on commence d'abord par l'étendre vers l'avant pour étirer son dos, le déverrouiller en sortant du box. Je commence à demander des cessions de nuque, pour l'orienter tout de suite correctement. Oui, c'est du bas et rond - j'ai pas dit de gros mot, j'ai pas dit Low Deep Round non plus... Bref. Donc, on commence par faire céder dans la longitudinale, puis une fois qu'il accepte la main et le mors, qu'il garde sa décontraction, on travaille en flexions d'encolure latérales. Les bras détendus vers le bas (donc les mains derrière les cuisses, les rênes assez longues), je ne travaille qu'en orientation du buste (bassin + épaules), vers l'intérieur et l'extérieur. Le principe, c'est par le pivot du buste d'attirer le bout du nez dans le sens qu'on veut, sans tirer, et en gardant une tension égale sur les 2 rênes. Car oui, on en revient au problème de la flexion d'encolure que j'ai déjà mentionnée : si on lâche le côté externe, il y a de fortes chances pour que le cheval vrille sa nuque et chasse des hanches : il faut donc avoir un "garde-fou" avec la rêne et la jambe extérieure, qui surveillent la rectitude du mouvement (puisque la flexion se fait dans un mouvement en avant, droit sur la piste). Avec cette façon de faire, par pivots du buste, on contrôle exactement l'angle de la flexion, puisqu'on imprime au cheval le même angle que celui qu'on dessine avec notre corps. Ca permet d'éviter les bidouillages de main en tous genres, avec un cheval qui se retrouve dévissé la tête à la botte. La flexion correcte dans l'allure, de toute façon, ne va pas plus loin que 45° d'angle. C'est pas intéressant d'en demander trop, ça sert à rien. Faut y aller progressivement...

On aborde ensuite le reculer, qui va permettre d'asseoir un peu mon grand dahut. Première fois que je le travaille chez T. On arrête le cheval, on redemande la cession de la nuque si en bon dahut il s'est arrêté la gueule en l'air, puis sans toucher aux mains, juste en contractant les fesses et le dos et en amenant les jambes au contact, on enclenche la marche arrière. Commentaire de T : "bon, c'est difficile pour lui de réaliser ce mouvement, compte-tenu de sa morphologie en descendant. On se contente de peu, mais souvent". Toon, pour se soustraire à l'exercice, tente de chasser des hanches à l'intérieure de la carrière. Pour le garder droit, T me dit "ben c'est comme quand on conduit un semi ou un van attelé, il faut faire l'inverse de là où tu veux aller pour rester droit"... sauf que j'ai jamais conduit ni van ni semi, mais ça fait rien, je vois le principe. J'isole ma jambe (première fois là aussi où l'on parle de jambe isolée - ni au galop ni dans les déplacements latéraux ni dans l'incurvation on en a parlé jusqu'à présent) et je lui garde la tête droite et les idées claires. On n'insiste pas trop sur les reculers, une dizaine de pas à chaque fois grand max, grosses caresses et rênes longues. Il a du mal, mais il se livre volontiers, brave bête que le Toonie!

Pour finir la séance, qui aura été plutôt longue, on reprend l'exercice de la dernière fois, toujours au pas. HED - renvers - EED. Comme je suis déjà un poil fatiguée, je galère plus que la dernière fois ; et puis, je suis tordue, je le sens bien (vivement vendredi). Enfin, les HED ça passe vraiment bien maintenant, par contre l'enchaînement des trois mouvements est difficile. Biquet commence à en avoir un peu marre aussi. Mais encore aujourd'hui, il y a eu des ébauches de quelque chose d'intéressant. Commentaire final de T : "on est à mi-chemin entre le bidouillage et la discrétion, mais ça commence à prendre forme, c'est bien". Moi, rincée, j'acquiesce et me contente de ce que j'ai obtenu aujourd'hui. C'est mieux que la dernière fois, moins bien que la prochaine. C'est comme ça qu'on progresse!

Vidéo à venir prochainement!