bouchon_de_champagneAlors voilà.
Dans l'idée, le bouchon, c'est un peu moi quand on a bossé les départs au trot de l'arrêt aujourd'hui. YATAAAAAA!!!

Mais reprenons au début, voulez-vous? Aujourd'hui, c'était "lesson day". Après avoir admiré la séance de Maud avec Jaïr, qui a fait d'énormes progrès en 3 mois (Maud, pas Jaïr) (quoique Jaïr aussi) (mais Maud plus) (bravo ma grande, et c'est que le début), ça a été mon tour. Après un petit "cordial" cul-sec façon Withaker, me voilà partie selle sous le bras vers le box de mon Noiraud préféré.

10 minutes plus tard, en selle, on commence les classiques échauffements. Le pas rênes longues, les flexions latérales avec l'encolure basse au pas et au trot, puis on remonte la bête petit à petit. Pour le mettre un peu plus sur le cul, on reprend l'exercice de la semaine dernière, trot/arrêt/reculer/trot. Evidemment, j'ai commencé par la main difficile de Son Altesse Petit Toon's premier, qui m'a donné de très jolis reculés bananoïdes (parce que laisser les hanches partir en biais c'est quand même plus facile, faudrait voir à pas non plus trop se fouler!). Entraînement gratuit pour le permis E en braquant dans le sens inverse : check. J'ai commencé à bidouiller un peu dans les doigts, je me suis vite fait remettre à ma place "tout dans le dos, les jambes, arrête avec tes mains!" Reculer, OK. On arrête, on relâche la tension du dos, on ouvre devant en amenant les jambes au contact, et pof ça doit fuser. Au début, un peu timide dans mes demandes, Toon's partait d'une démarche nonchalamment nonchalante, dans un trot titubant et pas très très très tonique. Alors, j'ai mis la cravache ent'les dents, et là PAFFF petit gloussement de dinde surprise "oh putaing cong!" le grand noir s'est transformé en Totilas, et j'ai compris ce que c'était que la version cheval du V2. Ah ouais, ça pulse. Les dindes qui assistaient à la scène mortes de rire, il m'a bien fallu 3 foulées pour me rassoir et un bon tour de piste dans un joli trot bien tonique pour récupérer ma dignité. Là-dessus, on a répété encore 2 3 fois l'exercice, et sans l'effet de surprise cette fois-ci. Il se trouve que le Maître a eu l'excellente idée de continuer à travailler Toons dans cette voie la semaine écoulée, et qu'autant la semaine dernière j'avais goûté à la sensation de légèreté dans le départ avec un cheval qui se tenait et se cadençait très bien, LA j'ai en plus goûté à la sensation de ce que c'est que la puissance d'un cheval qui passe en mode propulsion arrière tout cul dessous. Je suis sûre qu'à voir ça devait pas être flamboyant, mais de dessus, pétard! J'ai même poussé le vice jusqu'à ouvrir un peu les doigts et à accentuer l'effet de jambes sur une longueur pour prendre un "trot de travail", et vache. Pouf. Fatiguant.

Pour me remettre de mes émotions, T m'a ensuite proposé une petite expérience, suite à une discussion sur le fonctionnement de la jambe. En dressage, les étriers ne doivent en aucun cas servir d'appui. Ils sont là "au cas où", mais la jambe ne doit pas exercer de force dessus. La pointe du pied est remontée et rentrée, la semelle grosso modo parallèle au sol. Ce ne sont pas les étriers qui nous permettent de tenir à cheval (sauf en cas d'extrême urgence, style Bronco cheval sauvage), mais la "pince" des jambes (adducteurs qui adhèrent de tout leur long, genou et haut du mollet au contact). On prend le cheval dans les jambes mais sans serrer, on fait du collé-serré, c'est tout. Quand on met du poids dans le talon, ça doit provoquer un transfert de masse latéral ; quand on met du poids dans les deux talons, un transfert de masse longitudinal qui va amener le cheval à engager et à s'asseoir. Le FAMEUX transfert de masse. T me propose donc l'expérience qui suit : sur un cercle au pas, cheval incurvé, on descend le talon extérieur : le cheval évase le cercle. On revient droit, puis on descend le talon intérieur : le cheval raccourcit son cercle.

On continue l'application technique avec mes 2 copines EED et HED, avec les aides désormais bien connues de tous...
Non? Vous vous souvenez pas? Bon, pour rappel : bassin et buste orientés, rêne extérieure et ventre au contrôle de l'angle, jambe intérieure d'impulsion, jambe extérieure au contact pour faire garde-fou. On appuie sur la fesse interne (par rapport au mouvement, pas par rapport à la carrière) puis on déplace son poids vers l'extérieur du mouvement en abaissant le talon extérieur. Et là : bam. Ca enquille. Et ça permet de voir l'application technique du talon qui fait des transferts de masse. C'est tout con. Je commence à ce moment de la séance à être un peu submergée par l'émotion (ie : waaaw on peut faire tout ça avec un talon????) donc il me faut quelques essais pour réaliser des mouvements corrects, T est obligé de me reprendre sur les angles des déplacements, mais au final, je capte. Et c'est cool.

Application pratique :

HED à main droite : on tourne bassin et épaules vers la gauche, la rêne extérieure est la rêne droite, la jambe d'impulsion est la jambe gauche, on appuie sur la fesse gauche et on abaisse le talon droit.

EED à main gauche : on tourne bassin et épaules vers la gauche, la rêne extérieure est la rêne droite, la jambe d'impulsion est la jambe gauche, on appuie sur la fesse gauche et on abaisse le talon droit.

Han marrant c'est pareil!

Et idem pour HED à MG et EED à MD, les aides sont à peu près les mêmes.

Prévoyez un angle de 45° max, pas plus. Dans l'EED seuls les antérieurs croisent, dans la HED seuls les postérieurs croisent.


Mon bilan de la séance : bien. Les progrès sont évidents. Mais je recommence à être saisie du démon du perfectionnisme, et du coup j'arrive pas à être complètement satisfaite, parce que j'ai merdouillé comme une naze sur mes premiers déplacements latéraux. Ouais je sais je mérite des claques...