scratSans dec', ça caillait vraiment trop hier. Alors chaussures fourrées, grandes chaps sur pantalon sur collant, culotte en laine, triple polaire et bonnet à pompons. Mes superbes gants Roeckl Meredith, merci PP pour le conseil, ils déchirent (heureusement, vu le prix...). Et un Toon en mode "mammouth laineux", avec des poils de 15cm. THE look, quoi ; de quoi faire fureur sur les rectangles.

Bwef! Leçon du jour, après ... longtemps sans même avoir posé les fesses sur un cheval : remonter l'encolure. On s'en souvient, Toon est une sorte de toboggan, 4 vertèbres en trop et un garrot en contrebas. Maintenant qu'il sait s'étendre, pousser des postérieurs, qu'il a un équilibre horizontal qui tient la route (à peu près), il convient de lui alléger l'avant-main, qui recueille allègrement tout le poids. Oh je dis pas qu'il tracte, il est trop bien dressé pour ça. Mais des fois il plonge, pouf, apu cheval. Donc, relever. Pour ce faire, T m'explique à grands renforts de geste qu'il faut monter les mains certes "mais pas vers les épaules, bordel! sinon c'est tirer". Donc, les mains bien devant toi, sans raccourcir ou rallonger les rêne, toujours à égale distance et égal contact de la bouche du cheval. Le cheval suit la main, on garde ses mimines écartées pour inciter à la prise de contact, le cheval commence à basculer la nuque, et là c'est gagné. Mouais, easy. S'en suivent quelques essais foirés, et un sublime dialogue de sourds avec T, où je ne comprends pas ce qu'il veut m'expliquer. En fait, j'anticipe complètement sur ma descente de main, et d'ailleurs je descends trop les mains. Faut vraiment les garder au niveau de la ceinture, quand on cherche cette attitude en particulier. Et il faut attendre de sentir la cession de la nuque pour descendre les mains. Mais par contre, le faire tout de suite, pas après. Encore une fois, la fameuse question du tact... T a d'ailleurs eu cette grande phrase : "en montant tous les jours, il faut 3 ans pour devenir un cavalier accompli". Moi : "bon, je monte une fois par mois, donc il me faudra 30 fois plus de temps. Youpi, dans 90 ans je saurai monter!" (et je préfère même pas penser à l'âge que j'aurai. C'est que j'atteins le quart de siècle, voyez-vous. Je suis bonne pour la dépression). Anyway!

On répète l'exercice main qui monte / cheval qui suit / nuque qui bascule / main qui suit sur différents mouvements : ligne droite, courbe, EED et HED, au pas et au trot. Je commence à sentir pas mal de choses, l'air de rien. A plusieurs reprises, j'obtiens quelques bonnes foulées de trot (qui déménagent sa maman), avec la cadence, l'impulsion... et évidemment je ne sais pas les garder, donc le Toon se redégueule sur les épaules comme un grand. En freestyle, je demande quelques arrêts, un reculer, j'enchaîne HED renvers EED ; je suis bien sur mon bourrin, je suis contente. Bon, restent quand même quelques problèmes, et notamment sur les passages de coin, que je ne fais correctement que très rarement. Va savoir pourquoi, dans les passages de coin, au lieu de récupérer le cheval 3 foulées avant, de me grandir en anticipant avec le buste, je reste le cul dans ma bourette, les mains vissées dans le slip, et je passe devant. Forcément, le grand trotteux se croit à l'autostart, se couche et tourne en paquebot avec accélération dans le tournant. Bim, 5G dans ta face! je perds ma position, mes pédales et mes moyens. T m'explique ce que je dois faire en comparant ça au travail à l'obstacle : "quand t'es sur ton parcours, avant ta courbe pour aller sauter, tu laisses partir ton cheval en vrac? non, tu récupères, tu rééquilibres, et seulement après tu peux repartir dans ton allure". Alors, j'essaie, et une ou deux fois ça marche pas mal. Ah, je me fais gronder sur autre chose aussi "mais bordeeeeeeeel! arrêtez de me passer vos chevaux avec vos mains intérieures! chez moi le couloir de rênes il encadre l'encolure! il appuie pas dessus! si une rêne doit toucher le cou, c'est la rêne extérieure, point-barre!" En gros, si on passe l'encolure avec la rêne intérieure, c'est soit qu'on a le buste orienté dans le mauvais sens, soit qu'on a le buste d'un côté, les bras de l'autre, et l'air débile. Tenez-vous le pour dit.

Enfin bon, ce fut une bonne séance. Je commence à être moins autiste de la main, et le fait de redresser le cheval m'a aussi redressée. Allez, avec un peu de chance, le prochain cours sera dans moins d'un mois!